Tom Cruise : J'ai lu livre très peu de temps avant que Steven Spielberg et moi parlions du film. Je connaissais d'abord l'émission de radio de 1938, puis le premier film et enfin le livre juste avant de tourner. Lorsque j'ai rendu visite à Steven sur le plateau de Arrête moi si tu peux, il m'a proposé trois films dont celui-ci. J'ai tout de suite sauté dessus !
Qu'est-ce qui vous a tant plu dans ce bouquin ?
Tom : Sa qualité générale en fait. C'est non seulement un très bon livre, mais l'histoire est raconté d'une manière tellement cinématographique que l'on visualise aisément tout ce qui s'y déroule. Ensuite on fantasme un peu sur ce que ça donnerait si Spielberg était derrière. Le thème de la famille y est présent, et nous avons en commun qu'il nous tient à c½ur, tout comme ces gens humainement imparfaits et la réaction qu'ils pourraient avoir face à une invasion extra-terrestre.
Comment ont évoluées vos méthodes de travail avec Steven Spielberg depuis Minority Report ?
Tom : De mieux en mieux ! Bien que ce soit un ami, c'est un homme qui a non seulement un talent fou mais qui porte une attention très particulière à ceux qui lui suggèrent des idées. Nous avons longtemps étudié la nature de mon personnage en symbiose sans rejeter ce que j'ai pu y apporter. Il a une nouvelle fois insufflé son regard si particulier sur la famille, sur ce mauvais père, sur ces enfants malheureux. Moi-même j'ai toujours rêvé d'interpréter un père à l'écran, et j'ai eu de la chance puisque Dakota est une fille et une actrice merveilleuse.
Dakota Fanning : (rires)
Et si c'était vraiment la fin du monde aujourd'hui, que feriez vous ?
Dakota : L'un des thèmes du film est la réunification des familles et rester avec ceux qu'on aime. Ce serait exactement mon attitude, rester avec ma famille.
Tom : Pareil !
Dakota, quel effet ça fait d'avoir Tom Cruise comme père dans un film ?
Dakota : Lorsqu'on m'a apprit que je jouerais avec lui, je n'en revenais pas ! Mais lorsque j'ai su qu'en plus il allait jouer mon père, c'était comme un rêve. J'ai appris beaucoup de choses en travaillant avec lui quotidienement, et je dois dire que ses enfants ont vraiment de la chance de l'avoir comme père.
Vos enfants ont déjà vu le film ?
Tom : Oui, ils étaient pressés de le voir, ils sont venus sur le tournage et ils ont adorés le film. Je leur en avais parlé avant de commencer le tournage, on en discutait tous ensemble, et leurs propos m'ont fait comprendre certaines choses sur les enfants que j'ai réutilisé par la suite dans le film. Nous sommes très proches, nous faisons de la moto, de l'escalade et de la plongée ensemble. J'ai toujours aimé les enfants, j'ai commencé à les fréquenter en étant animateur dans un camp quand j'étais ado, et je retrouve chez eux une certaine intégrité et une dignité qui n'existent plus à l'âge adulte.
A propos d'enfants, et puisque vous avez participé à l'écriture, il y a une séquence que l'on peu déjà comparer au Choix de Sophie. Elle renforce l'aspect dramatique du film et malheureusement le happy end la brise. Pourquoi ne pas avoir été jusqu'au bout de cette noirceur ?
Tom : Vous aimez les histoires dures ? (Rires). Nous l'avons tout simplement traité de la sorte parce que c'est ainsi que nous le voulions ...
Toujours dans cet état d'esprit, il est également question de sacrifier un inconnu pour sauver ses propres enfants dans le film. Seriez vous prêt à tuer pour sauver les vôtres ?
Tom : C'est une séquence sur laquelle Steven et moi avons beaucoup discuté, car sur le plan émotionnel, c'est l'une des plus fortes. C'est le genre de question sur laquelle nous n'avions pas de réponse avant de nous retrouver devant le fait accompli. Comme tous les pères je ferais n'importe quoi pour sauver la vie de mes enfants, c'est un sentiment naturel. Mais retirer la vie d'un homme l'est déjà moins et personne ne peut être catégorique là-dessus. J'espère que c'est le genre de conflit auquel je ne serais jamais confronté.
Interpréter une chanson des Beach Boys comme berceuse pour Dakota, n'est pas une évidence non plus.
Dakota : Mais il chante très bien ! Ce n'est pas offert à toutes les petites filles.
Et vous n'étiez pas effrayée de passer vos journées avec ces monstres et ces robots ?
Dakota : J'essaie de vivre intensément mon personnage lorsque je suis le plateau, et lorsque je rentre chez moi, je pense à autre chose.
Peut-on voir une image à la paranoïa post-11 septembre dans La guerre des mondes ?
Tom : Chacun voit un peu ce qu'il a envie de voir dans n'importe quel film, mais notre priorité était de traiter cette histoire de père imparfait, et qui sait, peut-être de réveiller les consciences de certains papas.
Vous n'avez pas eu peur de faire une redite ? Le roman de H.G. Wells a plus de cent ans, et depuis nous avons eu droit depuis à des films comme Star Wars ou Independence day. Comment avez-vous voulu vous démarquer ?
Tom : Notre objectif était de conserver perpétuellement le point de vue subjectif de ces héros, de cette famille. Dans le film, on ne voit que ce qu'ils voient. Aucune attaque d'alien à travers le monde n'est montrée, aucune soucoupe volante vue du ciel, on ne verra tout ça qu'à travers leur télévision ou depuis le sol. De plus le spectateur n'en sait pas plus qu'eux ce qui soutient encore plus cette idée, parce que ces extra-terrestres ne sont finalement qu'un prétexte pour déclancher tous ces non-dits soudainement déversés entre ce père et ces enfants. La véritable histoire du film est là. Dans les films que vous citez il est plus question de spectacle, d'aventure ou d'héroïsme. Ce n'est pas le cas ici, ça n'a jamais été notre but.